En procès dans plusieurs pays dans l'affaire des moteurs truqués, Volkswagen a proposé le 14 février 2020 une solution à l'amiable dans le dossier du Dieselgate qui l'oppose à une class action allemande.
Depuis le 30 septembre 2019, Volkswagen fait face à une association de consommateurs, VZBV, représentant plus de 400 000 personnes. Le groupe automobile est accusé d'avoir délibérément nui à ses clients en installant à leur insu un logiciel faisant paraître le véhicule moins polluant qu'il ne l'est en réalité. Le scandale porte sur 11 millions de véhicules à travers le monde. Vendredi, Volkswagen est venu rompre le silence qui entourait la négociation, entamée en janvier, entre l'association de consommateurs VZBV et le géant de l'automobile: les deux parties sont « parvenues à un accord sur une résolution à l'amiable à hauteur de près de 830 millions d'euros au total », a expliqué un porte-parole dans un communiqué transmis à l'AFP.
Des négociations tendues entre VZBV et Volkswagen.
Cette proposition sera pourtant refusée par l’association de consommateurs en raison de « revendications exagérées » de la part des avocats de la VZVB concernant leurs honoraires, rapporte un porte-parole du constructeur. Rappelons que l’association a avancé les frais juridiques. De son côté, VZBV reproche « le manque de bonne volonté de la part de Volkswagen de créer un système fiable et transparent » pour la mise en place de l’accord et des paiements aux clients. Le constructeur allemand persiste et signe et propose les 830 millions d’euros directement aux clients floués même sans le soutien de l'association de consommateurs. Sur un site Internet mis en ligne vendredi, le constructeur promet entre 1 350 et 6 257 euros par véhicule en fonction de son type et de son âge. L'offre est valable pour les clients habitant en Allemagne au moment de l'achat, enregistrés pour le procès groupé et qui possèdent encore actuellement leur voiture équipée d'un moteur EA189 achetée avant le premier janvier 2016. Il sera possible dès fin mars de recevoir un devis individuel pour un paiement, affirme le groupe VW.
Un montant modeste comparé aux trente milliards d’euros qu’a déjà coûté le Dieselgate.
Poursuivie notamment en Belgique et en France, c’est aux Etats-Unis que la marque a dépensé l'essentiel des frais juridiques, amendes et dédommagements pour indemniser les clients. En Allemagne, sans résolution à l’amiable, ce premier grand procès de consommateurs pourrait durer jusqu'en 2023. Pour le moment, le constructeur n’a payé « que » 2,3 milliards d’euros d’amende de l’autre côté du Rhin et rien à destination des automobilistes.
Il reste cependant sous la menace d'une cascade de procédures civiles et pénales : en parallèle de la procédure groupée, des dizaines de milliers de requêtes individuelles ont été déposées, dont une partie ont abouti à des accords extra-judiciaires.
L’Argus - 17 février 2020