Ce samedi 26 mai 2018, j’avais rendez-vous sur le circuit de Lohéac (à 35 km de Rennes) pour un stage de pilotage Rallye dans le cadre du VW Driving Experience.
Cette fois, je pars de Saint Nazaire. Départ vers 7H10 pour une arrivée au circuit à 8H40. Je place ma R 310 sur le parking où elle restera bien sagement toute la matinée. Finalement, nous ne serons que trois pour ce stage prévu au départ pour sept ou huit. L’accueil est très sympa. Boissons et friandises à volonté. La sagesse me commande de ne pas trop en abuser. Mon estomac pourrait me le faire payer dans la voiture tout à l’heure.
A 8H45, début du briefing et distribution des équipements (combinaison, casque, cagoule et intercom). Le menu du jour s’annonce copieux :
- Vitesse et trajectoires
- Slalom
- Distance de freinage
- Transferts de charge
- Dérapage / glisse dans les virages
Le circuit de Lohéac est devenu célèbre pour accueillir chaque année la manche du Championnat du Monde FIA de Rallycross. Long de 2,5 km, il est composé à 40% tarmac et 60% terre.
A la différence de mon stage précédent sur circuit asphalte qui m’a appris à freiner fort et soigner les trajectoires, il s’agira plutôt ici de provoquer et maitriser la glisse.
A 9H00, je suis impatient de m’installer dans la voiture. Trois magnifiques Golf R 310 FL BVM6 nous attendent. Nous en utiliserons deux, la troisième servira à la fin pour notre baptême sur le siège passager à côté d’un des pilotes.
Les R sont vraiment belles dans leur robe exclusive blanche, rouge et grise. En ouvrant la porte, je m’aperçois qu’elles sont en fait Bleu Lapiz. Le covering est vraiment très bien fait. Ce n’est pas la seule modification apportée à nos R du jour : les suspensions ont été changées pour gagner en garde au sol, un protège carter a été installé sous la voiture et les jantes ont été remplacées par des 17’’ chaussées en pneus à plus grosses sculptures. Mais pas d’arceau de sécurité, donc tonneau interdit.
Je m’installe dans un premier temps sur le siège passager pour le premier atelier. Mode Race enclenché. Il s’agit de faire déraper la voiture dans une épingle sur asphalte. Le moniteur-pilote Alex m’explique qu’il faut arriver en 3ème à 80 km/h. Après la petite bosse, donner un grand coup de volant à droite. La voiture part alors dans un beau dérapage qu’il contrôle en contre-braquant. Ça a l’air assez facile. Mais pas tant que ça…
Je laisse les deux autres stagiaires commencer pour 5 tentatives chacun. Vient mon tour. J’appréhende un peu. Même si les dégagements dans le virage sont importants, je n’ai jamais eu l’occasion de mettre ma R dans une telle posture. Je m’installe seul à bord et j’ajuste ma position de conduite. Bon, je ne suis pas vraiment dépaysé. Cet environnement de Golf R, je le connais par cœur. Pour caser mon 1m92, j’ai besoin de mettre le siège au plus bas, le volant au plus haut et au maximum vers moi. La boite est manuelle. Je me croirais dans ma propre voiture… s’il n’y avait pas mon casque qui frotte sur le ciel de toit. C’est sûr, des sièges baquets avec harnais auraient été l’idéal.
Départ arrêté à 200 m du virage. J’enclenche la 1ère et j’accélère franchement. 2ème puis 3ème. Je stabilise ma vitesse à 80 km/h. Léger freinage puis le coup de volant à droite suffit à faire déraper l’arrière. C’est timide pour cette première tentative. Les quatre suivantes seront plus convaincantes. C’est une sensation assez unique de faire partir aussi largement l’arrière de la R. Cette voiture m’a toujours donné le sentiment d’être sur des rails. Même lors de mon expérience sur circuit sur le mouillé, l’arrière pouvait dériver légèrement. Mais pas au point de devoir contrebraquer. Juste suffisamment pour enrouler les virages.
L’atelier suivant se passera sur la terre. Le but est de faire partir l’arrière et de contrôler la dérive en contre-braquant. Après une ligne droite sur terre, on rentre la 3ème et on prend une courbe à droite à vitesse constante en maintenant un pied léger sur l’accélérateur afin de garder un peu de poids sur l’arrière. Freinage en courbe pour le virage à droite, l’arrière se dérobe. Contre-braquage puis on reprend l’accélérateur pour négocier le virage gauche suivant. C’est technique. L’intervention de l’ESP redresse trop vite la voiture. Alex débranche alors toutes les aides. Un premier passage très prudent fait à peine dériver la voiture. Je décide d’y aller plus franchement. Mais au cinquième passage, c’est le tête-à-queue. Sans gravité heureusement. Ce passage dans le décor aura quand même pour conséquence de me laisser une certaine réticence sur cet enchainement de virages, tout au long du stage.
Pause. On souffle un peu et on débriefe de nos expériences. Il est alors temps de faire des tours complets du circuit. Nous allons enchaîner ainsi 3 sessions de 12 à 14 tours chacun. La difficulté est d’adapter son pilotage suivant l’adhérence changeante du circuit. Sur les parties en asphalte, la voiture a besoin d’être violenter pour déraper. Alors que sur les parties en terre, le transfert de charge doit se faire plus en finesse, sous peine de perdre le contrôle de la voiture. Je parviens à faire de beaux travers… mais pas tout le temps. Je ne crois pas avoir réussi à faire un tour absolument parfait. Toujours un moment où je me dis que dans tel ou tel virage, j’aurais pu passer plus vite, plus près de la corde ou que j’aurais dû donner un coup de volant plus brusque. Après un virage super propre dans une belle dérive et le sentiment de maîtriser la voiture, le suivant me ramène souvent à la réalité : je ne suis pas Sébastien Loeb.
Comme le dit si bien Daniel, un des deux moniteurs, « si la voiture ne fait pas ce que tu veux qu’elle fasse, c’est uniquement de ta responsabilité ».
Au bout de ces 40 tours cumulés, je suis éreinté. La concentration demandée pour effectuer les bons gestes et la fatigue accumulée durant les quelques semaines de boulot intensif font que je n’en demande pas plus. Cette expérience a été vraiment très enrichissante. Et le fait de n’être que trois stagiaires nous aura permis d’enchainer les tours à volonté.
La matinée se termine par une séance de 2 tours chacun sur le siège passager à côté d’Alex, un des pilotes. C’est sûr, le rythme est différent : les freinages sont plus violents et les virages sont tous abordés sans ménagement. Je me rends compte à quel point il faut violenter la voiture sur l’asphalte. Pour ma part, j’ai été très (trop) respectueux de la mécanique, même si cette R ne m’appartenait pas. Pour aller vite, il faut aussi savoir mettre de côté ses inhibitions.
A 13H00, nous sommes conviés dans un restaurant de Lohéac. Ambiance détendue et cuisine de qualité. Le top !
Ce stage m’aura appris à mieux maîtriser la R et à en connaitre les limites. Elle n’est certainement pas la voiture de Rallye idéale, mais dans la gamme VW, quelle voiture aurait le mieux convenu pour ce stage ? Un Tiguan 4Motion ? Un Touareg ? Beaucoup trop hauts et lourds pour vraiment s’amuser sur circuit, même mixte. En revanche, une future et hypothétique Polo R 300 4 Motion pourrait être l’arme ultime.
Je tiens à remercier Alex et Daniel pour leurs conseils de pilotage, ainsi que Camille et son équipe pour l’organisation, la convivialité et l’accueil très sympa.
